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A la mémoire de Djilani Belhadj Yahia Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par M. Abdelkader Maâlej   
21-06-2010
M. Abdelkader Maâlej
M. Abdelkader Maâlej
L’après-midi du samedi 5 juin 2010 ne sera certainement pas oublié de sitôt par les amis de feu Djilani Belhadj Yahia, décédé le lundi 26 avril à l’âge de 81 ans pleins d’activités culturelles et littéraires abondantes.

 En effet, un public très nombreux a afflué ce jour-là vers le siège du Club culturel Aboul Kacem Chebbi à El Ouardia au sud de Tunis, pour assister à la cérémonie organisée par le club à la mémoire du grand disparu, l’homme de lettres Djilani Belhadj Yahia commémorant le quarantième jour de son décès subitement survenu.

A leur entrée à la grande salle de conférence, tous les assistants se sont vu offrir un joli livre, très bien conçu, publié sous les auspices du ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine, du Club Aboul Kacem Chebbi et de l’Union des Ecrivains Tunisiens à l’occasion de la tenue de la cérémonie du quarantième jour du décès de Djilani Belhadj Yahia.

Agrémenté en couverture par une belle photo du défunt portant sa chéchia de couleur grise, le livre reproduit les diverses oraisons funèbres prononcées par certains amis de notre grand disparu dont celle du ministre de la Culture ainsi que les nombreux articles publiés par divers journaux tunisiens à la suite du décès. 

Illustré par un ensemble de photos de valeur historique, le livre constitue ainsi un document précieux pour tous ceux qui ont l’intention de se pencher sur la vie et l’œuvre de Djilani Belhadj Yahia.

Ouvrant la séance, le très actif président du club, l’écrivain et romancier connu, Radhouène El Kouni, a demandé aux participants de réciter la Fatiha à la mémoire du défunt et a ensuite prononcé une brève mais riche allocution où il a, d’abord, souhaité la bienvenue à tous ceux qui ont répondu à l’appel pour venir assister à la réunion.

Il a également expliqué les raisons pour lesquelles le club a fermement tenu à organiser la cérémonie de commémoration à son siège malgré la volonté exprimée par diverses autres parties d’organiser cette cérémonie, et notamment le Comité culturel de Djerba représenté à la réunion par M.

Hammouda Ben Amara qui a chaleureusement remercié les organisateurs de la présente cérémonie et a invité tous les présents à assister à une autre cérémonie similaire qui se tiendra dans quelques jours à Djerba.

M. El Kouni a indiqué que le club Aboul Kacem Chebbi est plus digne que tout autre instance d’organiser la cérémonie du quarantième jour car, dit-il, Djilani Belhadj Yahia était l’un des fondateurs du club avec feux  Laroussi Métoui et Tahar Guiga, quoi qu’il ait toujours décliné la proposition de présider le club se contentant  d’être son Secrétaire général pendant une certaine période,  mais cela  ne l’a jamais empêché d’assister aux nombreuses activités du club.

Le président de la séance a ensuite donné la parole aux nombreux orateurs inscrits dans le programme de la réunion en les priant courtoisement d’être brefs et concis vu leur grand nombre, et en choisissant de suivre l’ordre du plus âgé.

Une vingtaine, ou presque, de personnes, ont pris tour à tour la parole pour traiter chacun un aspect de la personnalité de Si Djilani ou d’un volet de sa prolifique production culturelle et littéraire, et seul le professeur Mongi Chamli, souffrant, a été absent. Premier de la liste des orateurs, M. Béchir Laribi nous a livré un beau mais court poème panégyrique, comme à son accoutumé, exprimant les sentiments de tristesse éprouvés par les amis du défunt et priant Dieu pour qu’il lui accorde sa pleine bénédiction et son entière miséricorde.

La parole fut  donnée ensuite au professeur émérite et grand ami de Si Djilani, le Dr Mohamed  Yaâlaoui qui a longuement parlé de son ami et qui fut étranglé par des sanglots de larmes qu’il n’a pu arrêter qu’avec difficulté. Dr Yaâlaoui a fait remarquer que d’aucuns les ont appelés lui, Si Djilani et feu Hammadi Sahli les trois mousquetaires.
Les orateurs se sont ensuite succédé sur la tribune et ont traité, chacun du volet qui l’intéressait ou de la relation qui le liait avec le disparu.

Les principaux thèmes développés par les conférenciers sont les suivants:
- Djilani Belhadj Yahia, éditeur d’anciens manuscrits; notre écrivain a publié plusieurs manuscrits dont certains en collaboration avec feux M'hammed Marzouki, Mohamed Laroussi Métoui, Hammadi Sahli, tels que le recueil poétique du célèbre poète kairouanais Aboul Hassen Elhoussary

— avec Marzouki

— Pages de l’histoire de Tunisie de M'hammed Belkhodja, l’Histoire des monuments de l’unification de  Dieu, tous les deux en collaboration avec Hammadi Sahli et Traditions et coutumes du Tunisien par Mohamed Ben Othman Hachaïchi…

- Belhadj Yahia linguiste, auteur de 3 ou 4 dictionnaires et membre de l’Association des linguistes tunisiens.

- Belhadj Yahia auteur de diverses biographies dont celles de Béchir Fourti, Sliman Djedaoui, Tijani Ben Salem et Salah Ben Youssef.

- Belhadj Yahia l’historien auteur notamment de La Bataille du Djellaz en collaboration avec M'hammed Marzouki.

- Belhadj Yahia l’homme d’humour, auteur de trois livres rassemblant un grand nombre de blagues, d’anecdotes et d’adages.

On sait que Si Djilani avait coutume lorsqu’il donnait une conférence, de s’arrêter pendant un instant pour égayer ses auditeurs par une blague ou une anecdote minutieusement écrite sur des bouts de papier préparés pour la cause.
- Les relations entretenues par Djilani Belhadj Yahia avec certains amis tels que Mohamed Yaâlaoui, Hammadi Sahli, M'hammed Marzouki, Messaoud Yamouun, Laroussi Métoui et d’autres encore.
- Belhadj Yahia et la société civile: Si Djilani avait en fait contribué à la fondation de plusieurs associations culturelles dont l’Union des Ecrivains Tunisiens.
La séance a été clôturée par l’allocution prononcée par le fils du disparu, Fathi au nom de la famille qui était présente et à sa tête la veuve de Si Djilani, Lalla Habiba.

Au cours de sa palpitante allocution, l’orateur a notamment traité de certaines qualités de son père et de son comportement doux et courtois envers les membres de sa famille, tels que le fait  qu'il n'a jamais fumé en présence de l’un d’eux ou allé subitement à Djerba sans les avertir.

Que Dieu lui accorde son entière bénédiction et l’accepte dans son éternel paradis. En guise de conclusion, je voudrais indiquer que j’ai connu Si Djilani depuis une vingtaine d’années lorsque je l’ai rencontré pour la première fois dans la demeure du grand magistrat Mahmoud Chammam à Radès où nous nous réunissions tous les vendredis après midi avec une pléiade d’intellectuels, de juristes et d’hommes de lettres.

                                                                                                                                                                                           abdcafe.blogspot.com

 

 

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