| La Tunisie source d'inspiration d'auteurs et de peintres étrangers |
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| Écrit par M. Mohamid Ben Zineb | |
| 05-02-2010 | |
Terre hospitalière depuis la nuit des temps, la Tunisie a toujours enchanté ses visiteurs, en particulier les intellectuels
qui ont transmis à travers leurs œuvres littéraires, picturales ou cinématographiques l'image d'une Tunisie profonde où le pittoresque et le réalisme semblent l'emporter sur l'exotisme et l'orientalisme… Dans un ouvrage intitulé “La Tunisie, portrait littéraire” rédigé en allemand et édité chez “Insel Verlag” l’historien germanophone Hans Ulrich Wagner s’est intéressé aux écrivains classiques et modernes ayant visité la Tunisie citant notamment René de Chateaubriand (1806), Alexandre Dumas (1846), Gustave Flaubert (1885), André Gide, Simone de Beauvoir et George Duhamel. Ajoutons à ceux-là les Allemands Heinrich Heine, Bertolt Brecht, Egon Kirsch, Emil Ludwing, Rainer Maria Rilke, Karl May sans oublier Albert Memmi, Kateb Yassine, Wieland, Förster, Piotr Alexandrovitch Chikhahev, Leo Perutz, Ralf Hoppe et Térésa Salema représentants différentes nations. DEUX BEAUX OUVRAGES DE LA TUNISIE PROFONDE ![]() Alexender Roubtzoff COULEURS ET LUMIÈRE “Je suis obsédé par les couleurs et par la lumière de ce pays”, déclara Auguste Macke à son arrivée en Tunisie en 1914. Ce sera la même sensation avec Paul Klee et Louis Moillet qui entamèrent, eux aussi, leur voyage dans le pays des couleurs et de la lumière, et fondèrent le mouvement “Le cavalier bleu”. De retour en Allemagne, Auguste Macke rédigea son journal, considéré de nos jours comme une source bibliographique de référence: “Le voyage en Tunisie” (Die Tunis-Reise). L’auteur exprime son amour obsessionnel de notre pays. Outre, les artistes allemands, le Russe Alexander Roubtzoff fut également ébloui par la lumière. DE L’HOSPITALITÉ ANCESTRALE AU TOURISME CULTUREL CONTEMPORAIN Le tourisme culturel pourrait exploiter cet héritage noble en matière artistique et littéraire pour mettre en valeur les potentialités de la Tunisie qui reste, pour l’éternité, source d’inspiration et de sérénité pour les artistes et les écrivains dans le monde. Le tourisme culturel est le créneau du futur et la Tunisie doit suivre la voie tracée par nos voisins méditerranéens italiens, grecs et égyptiens qui ont misé sur leur riche patrimoine culturel, historique et archéologique. L’AMOUR OBSESSIONNEL DE LA TUNISIE ![]() Alexander Dumas Pour trouver un remède le voilà “équipé” d’un carnet de route et de petites toiles collées sur carton qu’il “tapisse” de femmes berbères, de coupoles blanches, d’amandiers en fleurs… Le voilà sillonnant le pays sans se fatiguer. A Tunis, Roubtzoff s’intégra peu à peu dans la société aristocrate sous le protectorat. Il est l’ami des photographes à la mode, du Baron d’Erlanger qui réunit “tout ce beau monde” à Sidi Bou. Las de cette atmosphère, c’est la Tunisie profonde qui l’intéressait le plus avec les portes de type andalou, les bédouines occupées par la finition de leurs tapis en points noués colorés et tous beaux. Après Tunis, c’est Sousse, la perle du Sahel, qui l’éblouit par sa blancheur. Ecoutons-le: “Je suis toujours prêt à sauter dans un wagon pour arriver à Sousse!”. Par ailleurs, le goût du traditionnel l’incite à décrire avec tant de précisions les plans architecturaux, comme dans l’aquarelle intitulée “Porte Cloutée” (1926); à exprimer l’état d’âme d’une personne âgée comme dans l’œuvre de “Hadj Mansour fumant le narguilé” (1916) ou à exalter la sensation de lumière éclatante dans “Une mosquée à El Kef” (1926) et à faire ressortir la blancheur immaculée de Sousse comme dans son portrait portant un costume traditionnel de circonstance, de couleur blanche et de type soussien (Toile 1914, collection privée). ![]() André Gide Sources bibliographiques: - Dubeucq, Patrie: Alexandre Roubtzoff, une vie en Tunisie, ACR Edition, collection “Les orientalistes”, 1996, 264 pages. - Museart n°70 (mai 1997) Tunisie, Secrète. |