| Pour la jeunesse |
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| Écrit par Mondher Thabet | |
| 12-06-2008 | |
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La place qu’occupe la jeunesse au sein de la société tunisienne est une place prépondérante. Non seulement, cette couche est majoritaire dans le tissu démographique global, mais encore elle représente l’avenir d’une société qui a su tout le long de son histoire garder son profil de société modéré, équilibré et pacifiste. Pour plusieurs analystes, la société tunisienne est tributaire dans son progrès de trois vecteurs : la jeunesse, la femme et la classe moyenne. La femme a marqué par sa libération sociale et culturelle, l’image d’une Tunisie moderne, égalitaire et évolutive dans son rapport à ses composantes. La femme tunisienne a effectivement rompu le système féodal archaïque pour adhérer à un système de valeur rationaliste. Cette révolution entamée par la promulgation du CSP au cours même du processus de l’indépendance nationale a mis la Tunisie dans la perspective d’un humanisme hors pair dans le Monde arabe. Ledit processus atteindra sa maturité avec les réformes du Président Ben Ali qui assura à la femme tunisienne une représentation politique significative au sein des instances politiques. Sur le plan social, l’évolution de la classe moyenne depuis le début des années 90 du siècle dernier a fait de la Tunisie une société dynamique qui a établi, très vite, la synergie entre la production et la consommation. L’extension de la classe moyenne a été perçue par les experts comme étant une garantie de stabilité politique. Cette nouvelle catégorie sociale était le produit d’une réforme structurelle du système commercial et bancaire (micro-crédits/vente par facilité…). La jeunesse prend une part importante dans cette nouvelle configuration de la société tunisienne. La décentralisation universitaire mènera à la constitution de microcosmes universitaires dans les différentes régions. La révision du système des examens aux niveaux inférieurs (enseignement de base et secondaire) drainera vers les facultés un nombre croissant de jeunes que les nouvelles branches de l’enseignement auront du mal à satisfaire quant aux débuchés réels de l’emploi. Il est évident que la Tunisie a gagné sur ce plan le pari de l’éradication de l’analphabétisme. Mieux encore elle a su conquérir les nouveaux domaines de l’entreprise (informatique, hautes technologies de production…). Ce boom qui toucha la jeunesse dès la fin des années 90 ne sera cependant pas suivi par une stratégie adéquate en matière d’encadrement. L’instauration d’une culture de l’entreprise et de l’individualité allait de pair avec la nouvelle donne qu’imposait une économie ouverte aux courants de la mondialisation. Le système bancaire a été trop conservateur dans le traitement des projets d’entreprise initié par les jeunes trop austères pour engendrer une vraie dynamique dans le sens de la propulsion des petites et moyennes entreprises. La formation professionnelle a aujourd’hui pour défi de recycler la masse de jeunes diplômés d’après une stratégie d’adéquation rapide aux demandes réelles du marché de l’emploi. Cette correction vitale requiert une relance des secteurs de l’investissement notamment le secteur agricole qui reprend ses droits de secteur stratégique dans le cours actuel du milieu économique international. Nous avons toujours pensé que la constitution des entreprises d’exploitation agricole et la mise en valeur des terres exploitables feraient le printemps de l’agriculture tunisienne. La réforme du système des crédits agricoles et le suivi de la réalisation des projets dans ce secteur sont de nature à transformer les atouts de l’économie tunisienne. La proximité par rapport à l’Europe et l’importance de l’enjeu de l’exportation apporteront à l’économie nationale une énergie financière précieuse pour la phase à venir. Faire confiance à la jeunesse n’est pas un slogan mais une politique réelle qui a besoin de s’exprimer par des mesures concrètes qui dépassent l’organisation sporadique d’une rencontre ou d’un cercle de dialogue. Ce dont nos jeunes ont besoin, c’est la constitution d’un mouvement structuré par lequel ils pourraient s’exercer à la direction et exprimer dans les meilleures conditions leurs aspirations et leurs pensées. Une organisation démocratique pour la jeunesse sera, à notre sens, l’école démocratique qui la préparera à un avenir qui ne sera de toute évidence que son œuvre. Notre défi aujourd’hui est de gagner la confiance d’une jeunesse qui a été conditionnée à notre insu par les produits de la révolution technologique qu’a connu le monde la communication. |