| Promenade ramadanesque à Tunis |
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| Écrit par Mondher Chraïet | |
| 23-09-2008 | |
“Tunis Ragabouche : au pas, mes souvenirs, au pas…” est le livre d’art qui distingue l’œuvre de l’écrivain Chedly Ben Abdallah. Conçu et réalisé par Serviced, ce livre est sorti en 1996.Composé de 124 pages, le contenu de ce livre est au diapason de cette période de l’année, où coïncide après deux décennies le mois du jeûne avec la période estivale ou presque.Cette coïncidence fait revivre doublement les réflexes des vieillards, où les nuits deviennent plus longues que les jours. D’autres réflexes ravivent le feu : des hommages aux symboles du patrimoine architectural et socioculturel tunisien avec des multiples facettes et dimensions civilisationnelles.
A parcourir la table des matières de ce livre d’art, on découvre des titres qui renvoient à ces sujets. On cite ces titres avec des descriptions de leurs contenus. Dans “De Bab Souika à Halfaouine”, le lecteur est face à un poème où l’auteur décrit avec amour ce passage entre ces deux beaux sites historiques de la Médina : “Bab Souika” et “Halfaouine”, “Ô mon vieux temps, des rues pavées, des bornes-fontaines et des clodos, farfouillant sans gêne, chaque matin, dans les tas d’ordures ! Je dédie à chacun de ces images,A chacun de tes dives aspects, L’ineffable nostalgie dont mon cœur, Mon cœur d’enfant, mon cœur d’antan, Fut si souvent comblé… De notre demeure à mon école, le chemin n’était pas très long, Combien d’odeurs chatouillaient les marines! Le pain de maison sortant du four… (p17) Dans un autre titre : “Nuits ramadanesques”, l’auteur écrit les ambiances de ce mois saint. Halfaouine et Bab Souika étaient dédiés aux nuits des Ramadans de nos grands-pères. Ces hauts lieux brilleront dans les mémoires pour longtemps, et ne seront pas oubliés. Quelle féerie c’était! Quelle fantasmagorie ! Et quelles merveilles attractions de foire ! C’était l’espace d’une fabuleuse kermesse, d’une génération à l’autre transmis ! Il suffit d’une exaltante ivresse Dans l’âme et des grands petits. Ces deux titres évoqués ci-dessus résument la ligne directrice du contenu de ce livre d’art. Dans le premier chapitre, on trouve des titres comme “le Souk des parfumeurs”, “Ensorcellement des souks”, “Les commères de la Hara”. A côté d cette mémoire architecturale, se dresse dans la table des matières des titres qui rafraîchissent une mémoire culturelle et religieuse : “La Kharja”, “Le Aajar”, “La Aâsaba”, “La Khama”, “Les contes des grands-mères”. Une mémoire oui et c’est dans cette nostalgie qu’écrit Ezzeddine Guellouz dans la préface de ce livre: “Aux yeux du souvenir, Tunis…”: “Deux ou trois choses de (et sur) Chedly Ben Abdallah, avant de vous laisser à votre plaisir de découvrir… Et Tunis avec lui. Ce n’est donc pas de présentations qu’il s’agira: il n’aimerait ni le mot ni la chose. Moi non plus. Encore une chose que nous partageons. Outre, bien sûr, notre commun émerveillement pour le Tunis, la Médina. Et au cœur de ces cœurs, les souks… Et dans un autre passage de cette préface, Ezzeddine Guellouz décrit la bibliographie de Chedly Ben Abdallah: “Ce miel le voici offert: après avoir décrit et raconté Tunis, dans “Tunis au passé simple”” et dans “Têtes religieuses et rythmes de Tunisie”, et renouant avec le pur poète qu’il avait été dans “Fantasia”, Chedly Ben Abdallah se reconnaît poète de sa vie, et d’une poésie sans rétention pourtant et sans coquetterie, qui tiendra en haleine quiconque, comme moi, un souvenir, ou à regret, une promenade (toujours, hélas), trop tôt interrompue dans ce Tunis d’hier, le Tunis de toujours… Et de finir avec ce constat élogieux pour notre cher écrivain Chedly Ben Abdallah: “Quelle chance pour tous qu’un tel guide existe. Quelle joie pour moi que de dire, au seuil de Tunis: “Suivez le guide”. |